Marine Le Pen en visite en Hongrie pour rencontrer l’ultra conservateur Viktor Orban

National

Le controversé Premier ministre hongrois reçoit, ce mardi, la candidate du Rassemblement nationale, un mois après la visite d’Eric Zemmour.

Budapest, passage obligé des figures de l’extrême droite : Marine Le Pen est reçue mardi par le dirigeant ultraconservateur hongrois Viktor Orban, l’occasion pour tous deux de marteler leur message souverainiste à six mois de délicates élections.

C’est pour la candidate du Rassemblement national (RN) un rendez-vous très attendu, un mois après la visite du polémiste Eric Zemmour, son rival potentiel mais non encore déclaré à la présidentielle française de 2022, et de sa nièce Marion Maréchal.

Marine Le Pen et Viktor Orban apparaîtront ensemble lors d’une conférence de presse prévue à 15 h, alors que le Premier ministre hongrois a longtemps pris soin de ne pas s’afficher avec la cheffe française de l’extrême droite.

Il a changé d’attitude depuis que son parti a quitté en mars le groupe PPE (droite) au Parlement européen. Désormais la priorité est à la construction d’une alliance « à droite de la droite », note Eszter Petronella Soos, politologue hongroise spécialiste de la France.

Mais « les négociations avec les Italiens et Polonais sont compliquées » et le sujet n’a guère avancé depuis la publication, en juillet, d’une « déclaration commune » entre la candidate du RN et une quinzaine d’alliés en Europe, dont le Premier ministre hongrois.

« Ruines des souverainetés »

Si les experts jugent peu probable que la question se débloque rapidement, Marine Le Pen et Viktor Orban ont tous deux intérêt à se montrer côte à côte. Et à aborder d’une même voix souveraineté et immigration.

« Pour Viktor Orban, c’est un sujet gagnant », souligne Mme Soos. « Alors qu’il a perdu le contrôle de l’agenda politique en raison des récentes primaires de l’opposition », unie pour la première fois pour le vaincre aux législatives du printemps 2022, « il peut réactiver ce message très utile pour lui ».

Déjà samedi, à l’occasion d’une manifestation réunissant des dizaines de milliers de personnes à Budapest, il a fustigé « les sommités européennes ».

« Bruxelles parle et se conduit aujourd’hui avec nous et avec les Polonais comme il est d’usage de le faire avec des ennemis », a lancé le chef du gouvernement hongrois.

La veille, Marine Le Pen avait elle aussi soutenu Varsovie contre « le chantage inacceptable de l’UE », après avoir rencontré le Premier ministre polonais.

Dimanche, sur la chaîne française LCI, la candidate du RN a évoqué « toute une série de forces politiques » désireuses « d’impulser la fin d’une Union européenne devenue une succession de menaces, de chantages, de ruines des souverainetés nationales »« J’y travaille, ce rassemblement est fondamental », a-t-elle ajouté.

Divergences

Il lui faudra cependant avant tout gommer les divergences, notent les analystes.

Car Viktor Orban est, comme Eric Zemmour et Marion Maréchal, plus libéral sur le plan économique, et plus conservateur sur le plan des valeurs sociétales que Marine Le Pen.

Une proximité idéologique affichée par le trio fin septembre, prompt à brandir la « théorie du grand remplacement » (théorie complotiste d’un remplacement de la population européenne par une population immigrée, N.D.L.R.) sur la scène d’un « sommet de la démographie » à Budapest.

De même n’hésitent-ils pas à agiter la propagande du « lobby LGBT+ », tandis que la responsable politique française n’avait pas participé en 2013 à la Manif pour tous contre le mariage de personnes de même sexe.

« Nous ne sommes pas là pour donner des bons ou des mauvais points à Viktor Orban », a réagi lundi le porte-parole du RN, Sébastien Chenu.

« Ce qui nous intéresse, c’est la façon dont la Hongrie résiste à l’Union européenne, dont elle dit :  » Nous devons résister à cette submersion migratoire  » ».

Menacée d’être écartée dès le premier tour de la présidentielle si l’on en croit certains sondages, Marine Le Pen a « besoin de regonfler son image à elle », commente l’historien Nicolas Lebourg.

Et besoin « de dire à cet électorat tenté par Eric Zemmour que question autoritarisme, elle a aussi quelques galons », ajoute l’auteur d’un essai sur « Les droites extrêmes en Europe ».

 

ouest-france.fr

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